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Elève Bruce
La liberté dans la tête
Tout a été si vite… Des blancs sont arrivés au village, ils nous ont pris, puis avec d’autres, ils nous ont fait traverser le pays en direction de la côte pour ensuite nous parquer, nous entasser, nous piler comme le manioc dans d’énormes navires.
Rapidement nous voyons s’éloigner la rive, emmenés par un vent funeste, gonflant ces grands linceuls.
Au revoir Angola…
J’ai entendu parler de Brésil…
Mes frères, je sais maintenant que vous ne serez plus jamais libres. Moi, je crache du sang et un goût de souffre envahit ma bouche… Moi, je ne foulerai jamais cette terre maudite…
Pour certains cela fait vraiment longtemps que nous sommes là. Pour ma part, une vie entière. J’ai vu les corps jetés par-dessus bord, puis à terre. Beaucoup des nôtres sont morts et meurent encore. Les maladies, les coups, le fouet : cruel sort, aussi cruel que le décor est beau.
Pour oublier un peu, dans la senzala, ces camps où ils nous enferment, nous les femmes nous avons commencé à danser. Les hommes nous ont rejoint. Et dans les rondes formées, les couples se défient et s’amusent, un peu…
Les choses sont devenues plus sérieuses quand ces mêmes hommes, à la manière de nos ancêtres, ont appris à manier la machette…
Cachés derrière nos chants et nos vulgaires bâtons, pour les gardes et maîtres, nous ne sommes qu’une bande de sauvages qui gesticule.
Aucun signal pour les mettre en garde. Laissons-les, incrédules…
Ils nous observent, rient, nous traitent de fous. Mais ils ont tort, nous chantons pour la liberté, ils rient face à leur mort.
Nous ont-ils déjà vu rire face à la mort ?
Maculêlê, grâce à toi j’évite machettes et coup de bâtons. Avec les autres jeunes de la senzala, on prépare tous les jours notre libération…
Dans la roda, les anciens chantent et crient.
Au milieu, nous, on joue notre art, et quelque part, nous sommes déjà libres.
Capoeira, c’est son nom, mais je ne sais plus trop pourquoi. Et si vraiment il faut une définition, alors, c’est le combat de ceux qui ne s’avoueront jamais vaincus. Nos gestes lents et saccadés n’impressionnent pas les gardes. Et comme toujours la musique masque le tout. Nous essuyons quelques moqueries quand ils nous regardent. Et nous, nous espérons qu’un jour ils sentent la puissance de nos coups.
Pour le moment, le berimbau, tenu par homme sage, nous enivre. On apprend la ruse, la malice, la mandiga en espérant qu’elles nous délivrent un jour.
Et ils ont réussi ! La capoeira, notre art, notre âme, leur ont donné la liberté.
Aujourd’hui elle a envahit et séduit le monde entier. Elle s’est transformée au fil des années, s’accélère, se modernise.
Mais elle restera à jamais dans notre mémoire comme le symbole de la libération des esclaves du Brésil.
Elève Espeto
La Capoeira est une des manifestations festives les plus emblématiques de la culture brésilienne, avec le candomblé et la samba. La capoeira est assez complexe à définir car ce n'est pas à proprement parler un sport de combat comme peut l'être les arts martiaux d'Asie (judo, karaté, kung-fu). La Capoeira est une synthèse entre la danse et le combat, entre la lutte mais aussi le théâtre, la musique et le chant. L'évolution de la capoeira est liée à celle de l'histoire sociale et culturelle du peuple brésilien. Mais la capoeira possède auusi des racines africaines car les premiers pratiquants descendaient des esclaves africains au XVIIIème siècle.
La Capoeira possède une dimension spirituelle et sociale qui la différencie des autres art martiaux. La capoeira intègre le chant, la musique et la danse qui font partie intégrante de cet univers. La musique tient ainsi un rôle primordial car elle rythme le jeu et apporte une énergie communicative et joyeuse. La capoeira fait ainsi partie intégrante de la culture brésilienne puisqu'elle a infleuncé nombre d'artistes comme l'écrivain Jorge Amado, les musiciens Caetono Veloso et Gilberto Gil.
La Capoeira se développe aujourd'hui dans le monde entier. De plus en plus de professeurs du Brésil partent à l'étranger pour enseigner et développer l'art de la capoeira. La plupart des personnes sont conquises par cet art qui développe l'expression corporelle et permet d'adhérer à une philosophie particulière.
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